Malheureusement, malgré la chronologie qui figure dans le texte de Molardi, la liste des plages donne des dates fausses pour plusieurs pièces. L’analyse détaillée que fait Molardi de chacune d’entre elles, y compris des emprunts que Vivaldi se fait à lui-même (comme l’emprunt au Printemps dans Dorilla in Tempe), rattrape les erreurs éditoriales de Divox.
Les interprétations des Virtuosi delle Muse, dirigées par Molardi depuis le clavecin, sont superbes. Les aspects les plus remarquables sont la palette de couleurs, riche mais subtilement nuancée, la vitalité rythmique et le rendu des atmosphères dans les mouvements lents. Cette dernière qualité est rehaussée par la présence surprenante de la viole d’amour, dont Molardi pense qu’elle était souvent présente dans les ensembles orchestraux vénitiens des XVIIe et du XVIIIe siècles. La richesse harmonique qui en résulte est accentuée par l’excellente qualité de la prise de son, malgré une contrebasse légèrement trop présente.
Sur un système SACD de bonne qualité avec un son surround, le réalisme et l’immédiateté de l’enregistrement sont très frappants, mais comme l’expliquent les notes, la technologie Aurophonic de Divox exige une configuration particulière des haut-parleurs. Souvenir de l’ancienne quadriphonie chaotique des microsillons ? CHRISTOPHER PRICE
Sinfonie d'opera
STEFANO MOLARDI
I Virtuosi delle Muse
Divox Antiqua CDX 70501-6
2006 - 61:23 min.