Le chanteur italien, néanmoins, est particulièrement vanté pour ses qualités d’interprétation dans la musique baroque, qui lui valent d’être invité par le gotha des festivals de musique ancienne (de Beaune à Bruges en passant par Anvers, Ambronay, La Chaise-Dieu, Utrecht, Graz, Lucerne, Halle ou Innsbruck) et par les scènes de concert les plus prisées d’Europe (parmi lesquelles Salzburg, Lausanne, La Monnaie à Bruxelles, le Staatsoper de Berlin, le Konzerthaus de Vienne, le Concertgebouw d’Amsterdam et le Châtelet). Son répertoire embrasse l’histoire de l’opéra des XVIIe et XVIIIe siècles, du génial coup d’envoi monteverdien à l’opéra seria de Mozart en passant par l’opera buffa ou les grands chefs d’œuvre de Haendel.
Consacrée de façon éclatante par un Grammy Award en 1999, cette grande maîtrise de la vocalité baroque fait d’Antonio Abete un interprète de prédilection des plus grands chefs de la spécialité : de Christopher Hogwood à Trevor Pinnock en passant par Gabriel Garrido, Paul McCreesh, Ivor Bolton, Sigiswald Kuijken, Jean Claude Malgoire, Christophe Coin ou Jordi Savall, la liste est longue… C’est avec René Jacobs que s’est tissée la collaboration la plus aboutie, au fil de nombreux concerts (Euridice de Peri, L’Argia de Cesti, La Calisto de Cavalli, Agrippine de Haendel, Le Nozze di Figaro) et enregistrements (Vespro della Beata Virgine de Monteverdi et Il primo omicidio de A. Scarlatti). Dans un autre registre, Antonio Abete a par ailleurs collaboré avec Maurizio Pollini sur son « Progetto Monteverdi » présenté au Festival de Salzburg en 1999 et repris au Carnegie Hall la saison dernière.