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21:00 heures. Chapelle royale du château de Versailles (Versailles). Tarif A.
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Plus connu pour ses quelque 200 airs de cour, Étienne Moulinié n’a cependant pas négligé la musique sacrée. Si sa Missa pro defunctis à 5 voix, publiée en 1636, est composée dans un style ancien, ses motets, sans doute écrits pour la chapelle de Gaston d’Orléans entre 1627 et 1650, révèlent la modernité de l'écriture de Moulinié. Réunis et publiés seulement en 1658 sous le titre de Meslanges de sujets chrétiens… à 2, 3, 4 & 5 parties avec la basse continue, ils comptent parmi les plus beaux exemples du nouveau style concertant qui caractérise les messes et surtout les motets de la fin du règne de Louis XIII. On voit dans les nombreux effets poly-choraux et les alternances d’effectifs de ces pièces (par ailleurs d’une grande richesse mélodique et harmonique) à la fois les prémices des principales caractéristiques musicales du grand motet français que développeront Jean Veillot, Thomas Gobert puis Henry Du Mont et Pierre Robert, mais aussi la forte influence de l’air de cour "en dialogue" de la génération d'Antoine Boesset.
Les Meslanges de Sujets chrestiens, dédiés à Marguerite de Lorraine, deuxième épouse de Gaston d'Orléans, sont souvent cités comme l'une des pièces majeures de la musique sacrée française de l'époque de Louis XIII. Les paroles sont, pour la plupart, latines, tirées de textes liturgiques : seuls deux cantiques sont en français sur des paraphrases d'Antoine Godeau. Moulinié ne s'est pas caché de la nouveauté de son style musical. Dans un avertissement, il note : "En quelques endroits, j'ai affecté certains traits [...] qui sont assez hardis, & passeront peut-estre pour des licences à l'opinion de ceux qui préfèrent l'austérité de l'ancienne manière aux agrémens de la nouvelle."
Le Centre se réjouit d'accueillir une nouvelle fois William Christie, qui a choisi - dans ces Journées Louis XIII - de rendre hommage à Etienne Moulinié, compositeur auquel il a consacré les premiers concerts des Arts Florissants.
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